📍 Thue et Mue · Calvados
Inscrite monument historique (18 mars 1927)
Architecture
La tour, épaulée de contreforts, s’enracine entre le cœur et la nef. Elle appartient à la famille
des “Tours-Clochers du Bessin au XIIIème siècle”.
Sa base est percée d’une porte en plein cintre décorée d’une guirlande de têtes plates qui représentent des animaux à oreilles pointues, peut-être des chats ou des chauve-souris. Ce décor fait penser au début du XIIIe siècle et même à la fin du siècle précédent. L’architecture de la tour reprend l’architecture propre au XIVe siècle.
Elle est surmontée d’une flèche octogonale élancée.
L’aspect du clocher fait référence, sans être la copie, à celui de l’église Saint-Pierre de Caen.
La date de la construction de la nef est incertaine.
Le portail occidental a conservé de l’origine un décor particulièrement intéressant.
A l’image de la petite porte latérale signalée plus haut, 22 motifs rayonnants dessinent une frise qui orne l’arc en plein cintre : 20 d’entre eux représentent des têtes de personnages dont plusieurs sont couronnées. Cette frise d’une grande qualité, coiffe un bas-relief montrant le Christ entouré des symboles auréolés des quatre évangélistes : un lion ailé (Saint Marc), un bœuf ailé (Saint Luc), un aigle (Saint Jean) et un ange (Saint Matthieu) ; chacun des 3 animaux repose sur un évangile tandis que l’ange porte le livre sacré.
Le chœur de l’église, comme la base de la tour, date des débuts de l’art gothique.
A la naissance du chœur, un arc ogival est porté par deux colonnes assises sur des culots sculptés de personnages. Les autels latéraux sont dédiés au Christ et à la Vierge. Chœur et nef sont voutés sur croisées d’ogives reposant sur des colonnes à chapiteaux ornés de feuillage.
Objets / Éléments intéressants :
Statue de Saint Germain l’Auxerrois (objet inscrit - ISMH 1985)
Cette statue, datée du XVIIIe siècle, réalisée en terre cuite de Noron, fut offerte par un paroissien anonyme. Elle est exposée derrière le maître-autel. Elle a résisté à la destruction du clocher en juin 1944.
St Germain fut un grand voyageur et prédicateur. Il se rendit à deux reprises en Grande-Bretagne pour lutter contre l’hérésie « Pélagienne » qui divisait le pays. Pour cela, il traversa quatre fois la Normandie en prêchant la Bonne Nouvelle. D’où son implantation très importante dans notre région normande. 33 communes portent son nom. De plus, 39 églises du diocèse lui sont dédiées.
Statue “Vierge à l’Enfant” - Autel secondaire Nord (Objet inscrit - ISMH 1985)
XIXème siècle - Pierre taillée
Plaque commémorative apposée à l’intérieur de la nef le 24 octobre 1955 par Mgr Falaize, évêque du Grand Nord Canadien
Elle rappelle les 170 Canadiens tués durant les combats de Bretteville en juin 1944.
« Le 6 juin 1944, les troupes alliées, dans leur avancée vers le sud, ont été arrêtées à Bretteville par les contre-attaques allemandes mais les alliés, au cours d’un mois de lutte acharnée, ont réussi à progresser ».
Notes supplémentaires:
Sous l’Ancien Régime, la paroisse dépendait de Saint Etienne de Caen depuis 1082. (I. S. M. H. 1927)
En effet, Renoulf, vicomte de Bayeux, offrit à cette date à l’abbaye toutes les terres qu’il possédait à Bretteville ainsi qu’une partie du patronage de l’église St Germain.
En 1171, Guillaume d’Aboville offrit aussi aux moines la moitié du patronage qu’il détenait sur l’église St Germain. La totalité du patronage revenait ainsi à l’abbaye. (1)
L’ancien autel de l’église (avant la destruction de juin 1944) est maintenant dans la copie de la grotte de Lourdes, rue de Secqueville.
Brettetteville-l'Orgueilleuse
14740 Thue et Mue
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