📍 Thue et Mue · Calvados
Classée monument historique depuis le 30 juillet 1910
Histoire :
Première moitié du XIIe et XXe siècles.
Remarquablement reconstituée par les Beaux-Arts par l’architecte Merlet « elle était l’un des plus beaux édifices romans de la plaine de Caen ».
Le cœur daterait de la première moitié du XIIe siècle ainsi que le transept.
La nef appartenait au XIIIe siècle et la façade paraissait être de la fin du XIIe ou début du XIIIe siècle.
"L'église de Cheux est fort grande et se trouvait en rapport avec l'importance ancienne de cette bourgade, chef-lieu d'une sergenterie de l'élection de Caen; elle est composée d'une longue nef bordée de bas côtés, de transepts et d'une abside et de deux chapelles appliquées de chaque côté de l'abside, à l'est du transept." (Arcisse de Caumont 1-215)
Statistique monumentale du Calvados. Tome 1 / par M. de Caumont,... | Gallica
Au moment de la Libération, lors des bombardements de 1944, les Allemands ont fait exploser des munitions placées dans la tour qui a été détruite ainsi que les 2/3 de l’église. Les chapelles dont parle Arcisse de Caumont ont disparu.
Les vitraux de l’église de Cheux, avant la destruction, avaient été réalisés au Mont-Saint-Michel.
M.Than, professeur au collège des Arts et Recteurs d’université, a été curé de Cheux au XVIIIe siècle. Mort en 1765, il est l’auteur d’une grammaire latine et française.
Dédiée à Saint Vigor, évêque de Bayeux vers 538, contemporain de Clovis.
Saint Vigor fut longtemps vénéré aux monastères fondés par Eudes, évêque de Bayeux, frère de Guillaume au XIème siècle. Il aurait, selon la légende, fait dévier un vol d’oies dévastatrices et puis serait arrivé à faire disparaître un dragon qui dévastait la région. Plus sérieusement, il détruisit les restes du paganisme dans le Bessin. On lui attribue aussi deux autres miracles du même type, un ici à Cheux qui, au VIème siècle, s’appelait CELLA, et un à Cambremer, CAMERON à l’époque.
Architecture:
Le chœur et le transept sont de style roman (XIIe siècle).
Plan: cette église, de plan en croix latine, possède huit travées et est orientée (c’est-à-dire tournée vers l’Est). La nef est flanquée de deux collatéraux. Le transept permet d’accéder au chœur. Un clocher à pavillon prend place au-dessus du transept. La nef est coiffée d’un toit en bâtière, les collatéraux d’un toit en appentis et le chœur d’un toit en croupe.
Élévation extérieure: l’église Saint Vigor est composée de deux niveaux : les grandes arcades au premier et les fenêtres hautes au second. La façade reflète l’intérieur de l’église puisque l’on peut distinguer la nef des collatéraux. Par ailleurs, on remarque la présence de contreforts romans de part et d’autre du portails ; des contreforts plus petits se trouvent aux extrémités Nord et Sud de la façade. Cette façade présente trois niveaux d'élévation.
Le portail se trouve au premier niveau : il est monumentalisé par la présence d’une arcature formée de trois arcs. Ces derniers rappellent la Trinité. Les petits arcs latéraux (de type arc brisé) sont aveugles et retombent sur des pilastres. Le grand arcs abritant le portail d’entrée (de type arc brisé surbaissé) est composé de trois piédroits et trois voussures ; il possède un tympan sans décor sculpté. De part et d’autre de la façade centrale, on peut voir deux lancettes surmontées d’arcs en plein cintres qui retombent sur des pilastres. Ces lancettes donnent sur les collatéraux.
Le second niveau de la façade suit l’organisation du premier : on retrouve une arcature de trois arcs (ici en berceau) dont les latéraux sont aveugles. L’arc central accueille une baie.
Le troisième niveau présente une rose (qui est une baie romane).
Pour ce qui est des murs gouttereaux (au Nord et au Sud), ils sont composés de deux niveaux. On distingue l’élévation de la nef (cinq travées) et celle du chœur (deux travées). Les murs de la nef sont surmontés d’une corniche à modillons.
La corniche n’est pas continue puisque les contreforts la divisent en plusieurs parties. Il y a quatre contreforts sur chaque niveau. Au premier niveau, ces contreforts alternent avec de petites baies allongées. Au second niveau, les contreforts séparent cinq triplets de baies dont l’ouverture centrale est ajourée et accueille une lancette. Pour ce qui est des murs gouttereaux du chœur, le second niveau accueille deux baies en lancette géminées et séparées par un contrefort roman. D’autre part, le bras du transept accueille trois contreforts romans, une porte (surmontée d'un arc en plein cintre clavé) au Nord de la face Sud et deux lancettes.
Le clocher, surmonté d’une corniche à modillons, est composé de deux niveaux. Sur chaque face, le premier niveau accueille cinq baies dont seulement deux sont ajourées (il y a alternance). Le second niveau accueille quatre baies sur les faces Nord et Sud : les deux baies centrales sont géminées, toutes les baies sont surmontées d’un arc en plein cintre. Le second niveau comporte cinq baies sur les faces Ouest et Est : les trois baies centrales sont ajourées, chaque baie est séparée par une arcature avec des arcs en plein cintre.
Le chevet adopte une forme semi-circulaire et comporte trois niveaux.
La toiture surmonte une corniche à modillons. Le chevet est rythmé par plusieurs pilastres qui s’étendent sur les trois niveaux. Le premier niveau accueille trois arcatures aveugles à trois arcs en berceau outrepassés. Ces arcs retombent sur quatre pilastres. Le second niveau comporte trois baies, là encore séparées par les grands pilastres. Ces baies sont chacune surmontées d’un arc en plein cintre et n’occupe que la moitié de la hauteur du second niveau. Le troisième niveau accueille trois grandes baies surmontées d’un arcs en plein cintre. Un décor sculpté couronne chacune de ces trois baies, les mettant ainsi en valeur. Ainsi, la façade Est accueille le chevet. On peut aussi distinguer la nef des collatéraux puisque l’on voit trois pignons (un pour la nef et deux pour les collatéraux.
Élévation intérieure: la nef possède une charpente en berceau brisé et les collatéraux une charpente en berceau en plein cintre.
Au premier niveau, les grandes arcades sont composées d’arcs brisés surbaissés, séparés par des pilastres aux chapiteaux représentant des motifs végétaux. Ces arcs retombent sur des piliers alternant entre forme circulaire et forme circulaire flanquée de colonnes.
Au second niveau, les fenêtres hautes sont coiffées d’arcs en plein cintre clavés et flanquées de pilastres.
L’entrée du transept est cernée de contreforts romans. Les arcs que l’on retrouve au niveau du transept sont des arcs outrepassés et ils retombent sur des pilastres.
Le chœur est baigné de lumière grâce aux baies que l’on retrouve sur les deux niveaux. Les baies du premier niveau sont en alternance avec des baies aveugles ; les arcs en plein cintre retombent sur des pilastres. Le second niveau du chœur accueille des baies plus larges, elles aussi coiffées d’arcs en plein cintre retombant sur des pilastres.
Ajoutons que l’un des collatéraux présente deux clés de voûte récupérées dans les ruines après le bombardement de 1944(voir ci-dessous).
Au XIXe siècle, lors de la reconstruction, l’allure a été modifiée et les ouvertures ont été agrandies. Dans la nef, la voûte en bois date des années 1860.
Dans l’abside, des fouilles réalisées pendant la restauration de l’église ont permis de découvrir des fondations de piliers. C’est en fonction de cette découverte que les Beaux-Arts ont décidé de les reconstruire alors qu’ils n’existaient pas avant 1944.
Pour ce qui est du clocher, son toit était fait de bois recouvert d’ardoises ; le toit est aujourd’hui composé de tuiles.
Objets / Éléments intéressants :
Dalle funéraire (objet classé - CLMH 1908)
Date de création : vers 1577
Dalle de Marie Mourin femme de Jehans d'Aillefest morte en 1577.
Clefs de voûte : Saint-Nicolas et Saint Vigor (objet inscrit - ISMH 1988)
Ces clefs de voûte sculptées datent du 15e siècle ou du 16e siècle.
Pierre taillée
L’une représente Saint Vigor, évêque mitré, crosse à la main, il tient deux monstres enchaînés, symboles du paganisme. L’autre représente Saint Nicolas et la légende miraculeuse du saloir.
Chapiteaux (objet inscrit - ISMH 1988)
Datent du Moyen Age, restaurés en 2017.
Pierre taillée
Représentent deux têtes de moines
Les restaurateurs Thomas Bonneau et Pauline Carminati y ont décelé des traces de polychromie, ce qui révèle qu’à l’origine cette pièce était très colorée et non pas ton pierre comme elle apparaît actuellement.
Confessionnal (objet inscrit - ISMH 1985)
XVIIIème siècle
Bois taillé
Confessionnal de forme chantournée.
Statue : Christ en Croix (objet inscrit - ISMH 1985)
XIXème siècle
Bois taillé
Rue des Dentellières
14210 Thue et Mue
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